Dans le rétro : Nas – Stillmatic

Nas - Stillmatic

Nas. Une véritable légende vivante du Hip Hop. Onze albums au compteur. Plusieurs disques de platine, un album qui se retrouve souvent (toujours?) parmi les dix meilleurs albums de rap de l’Histoire (Illmatic). Bref, je ne vous ferai pas la biographie de celui qui est, pour moi, le meilleur MC (oui, oui). Tout au plus un petit rappel du contexte de sortie de ce cinquième album, Stillmatic (vous avez repéré la référence au premier album j’espère) : tombé dans un style sur mesure pour les radios mais bien loin de ses premiers couplets derrière un micro, Nas subit des critiques de toutes parts et est embourbé dans un beef avec Jay-Z, qui jouit déjà d’une très grosse cote dans le milieu. Après deux albums ayant fortement déçu la critique, Nasir Jones n’a plus le droit à l’erreur, sous peine d’être jeté aux oubliettes.
La couverture de ce cinquième album reflète parfaitement son contenu : fini les têtes de pharaon et le bling bling outrancier, Nas revient à la rue avec cet arrière plan gris – bleu brume.

Stillmatic démarre sur une magnifique prod (déjà) dans l’air du temps tout en gardant ce côté old school. « Blood of a slave, heart of a king » : la couleur est annoncée. Du sang, de la souffrance, du cœur, de la lutte et une touche d’égotrip. Ether et Got urself a gun se chargent de remplir ces deux derniers termes. Nas, comme Jay-Z, a décidé de se proclamer King of New York. Nas remet les pendules à l’heure avec ces deux classiques du rap new yorkais. Petits résumés des crachats lyriques jetés au faciès de Jay-Z :

I am the truest, name a rapper that I ain’t influenced […]

Eminem murdered you on your own shit
You a dick-riding faggot, you love the attention
Queens niggas run you niggas, ask Russell Simmons
Shawn Carter to Jay-Z, damn you on Jaz dick
So little shorty’s getting gunned up and clapped quick
How much of Biggie’s rhymes is gonna come out your fat lips?
Wanted to be on every last one of my classics
You pop shit, apologize, nigga, just ask Kiss

– Ether

 

Le ton redescend avec Smokin’. Non fumeur, les morceaux s’inscrivant en porte à faux de la loi Evin ne me transportent pas vraiment. Mais avec cette instru sentant bon l’arrivée au château de Bowser je ne peux que suivre. You’re da man… C’est effectivement que l’on pourrait dire à Nas au regard de son parcours dans le Hip Hop (et ce que nombre de fans de rap lui ont déjà dit). Est-ce le meilleur morceau de l’album ? Probablement pas mais c’est mon préféré. Le genre de titre qu’on écoute pas en boucle mais qui nous envoie une émotion certaine dès les premiers accords. Très bons couplets, frappés chirurgicalement sur l’instru par le MC : Cinq étoiles. Rewind, moins mélancolique, porte l’auditeur avec la même aisance qu’a eu Nas et Large Professor, déjà orfèvre du bijou précédent. Vient le temps de se poser un peu. Have a break. Ou plutôt break your neck avec One Mic. Là encore, l’un des plus beaux morceaux que l’enfant prodige du Queensbridge n’ait jamais enregistré. La rue, les flingues, les cops, et le micro comme refuge.

Le vrai break arrive avec 2nd childhood qui vient quelque peu apaisé l’atmosphère sans pour autant nous endormir (rassurez vous ça n’arrive pas dans un classique). Ce n’était que pour mieux nous préparer au Destroy and rebuild dans lequel Nas règle ses comptes avec ses ex-partenaires du Queensbridge. On se dit que Cormega et les Mobb Deep n’ont pas dû chaleureusement apprécié le rappel à l’ordre. The flyest pourrait ressembler à la petite transition sur laquelle nos tympans peuvent s’étirer avant de se remettre à vibrer. A vrai dire, les miens ralentissent la cadence mais gardent du rythme, surtout sur le deuxième couplet. Braveheart a été retiré de la tracklist. Et tant mieux : je n’ai pas envie de danser en écoutant Stillmatic. Un mal pour un très grand bien.

L’album se poursuit avec des morceaux plus mélodiques, plus harmonieux ; de ceux que l’on écoute rarement en boucle. Les pistes 11 à 14 (Rule, My country, What goes around, Every ghetto) font entrer cet album dans la catégorie de ceux dont on ne peut enlever quelques morceaux ci et là sans perdre en puissance. Ces quatre morceaux plaisent tant par leur qualité intrinsèque que par l’harmonie qui se dégage entre l’un d’eux pris au hasard et ceux qui le précèdent et / ou le succèdent.

Conclusion : pour les plus anciens, Illmatic reste Le classique de Nas et je ne peux que les comprendre. Mais sept ans après, à un moment où Nas Escobar jouait sa carrière dans ce double duel, face à Jay-Z d’une part, mais aussi face à lui-même au vu de ses projets de plus en plus décriés, il a su retrouver les oreilles et le cœur de tous ses fans. A minima, ce Stillmatic est un album – référence, un immanquable dans l’Histoire du Hip Hop, dans le plus pur style du Queensbridge. Ce n’est pas pour rien qu’il reçut 5 mics par The Source magazine dès sa sortie et qu’encore aujourd’hui, un tiers de ses titres est joué en concert.

Note : 17/20

Top 3 :
You’re da man
My country
What goes around

 

L’Ours Blanc

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