Chronique : Jesse Boykins III – Love Apparatus

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La scène R&B/Soul ne cesse d’évoluer depuis quelques années en proposant des artistes aussi talentueux qu’inspirés malgré leur jeune âge. Dans cette lignée de chanteurs, nous ne pouvions passer à côté d’une des révélations Neo Soul de ces dernières années : le chanteur à la voix d’ange Jesse Boykins III. Alliant musique électronique et soul (et parfois même quelques sonorités africaines), ce chanteur issu de NYC a toujours su prendre son auditeur à contre-pied en lui proposant une ambiance spatiale qui lui est propre. Toujours en quête de perfection, il aura fallu 5 longues années à l’artiste afin de concevoir son premier album studio (qui est tout de même son 5e projet), Love Apparatus, en grande partie produit par son ami Machinedrum. Alors la première question qui nous traverse l’esprit est plutôt évidente : Est-ce que cette longue attente en valait le coup ? Ce sont les écouteurs à fond dans les oreilles que je me donne pour mission de rendre mon verdict.

Dès l’entame du projet, tous les points forts de l’artiste semblent être regroupés dans le même son, faisant office d’intro, Greyscale. Une production au poil mixant parfaitement la soul et les sonorités électroniques, une ambiance sortie tout droit d’un autre univers et le plus important, la voix hypnotique de Jesse qui est juste un pur bonheur pour les oreilles des premières secondes du titre jusqu’à la fin. Une intro qui ne peut que nous rendre confiant sur la suite de l’album qui est d’ailleurs de très bonne facture. La preuve avec la track 2 connue de tous les fans de l’artiste B4 The Night Is Thrue (il est sorti il y a bien 4 ans maintenant tout de même) qui propose une production plutôt funky avec ses basses, ses coups de piano made in 80’s et un refrain qui tourne en boucle dans un petit coin de la tête.

Comme vous pourrez vous en douter en jetant un petit coup d’œil à la cover de l’opus, le sujet principal ici est l’amour, et ce à différents stades (comme pratiquement tout projet R&B qui se respecte) : ses prémices, la passion qui s’en dégage, la sensualité, l’insécurité… Des sensations que le chanteur arrive très bien à nous transmettre dans ses différents morceaux comme dans le très beau I Wish (me faisant beaucoup penser à une chanson de Lauryn Hill) où la voix de Jesse semble presque féminine à certains moments alors qu’il exprime son souhait le plus profond qui est d’être le number 1 de sa bien aimé. Le titre Live In Me est aussi une belle preuve de la passion où Jesse Boykins fait très bien son job accompagné d’une production assez rythmée avec ses grosses basses et une instru expérimentale rendant le tout très intense.

Une petite mention spéciale également aux collaborations sélectionnées dans son projet (Theophilus London et en particulier Phonte) sur les titres Tell Me et A Matter Of The Heart qui parviennent à capter l’essence des musiques dans lesquels ils se trouvent, menant donc à un rendu efficace.

Malheureusement, l’album est tout de même constitué de quelques petites imperfections qui ternissent un peu le très bon boulot opéré par l’artiste. Commençons dans un premier temps par parler des lyrics qui sont dans certains morceaux prévisible et fleur bleue. En même temps, on se trouve ici dans un sujet revisité depuis la nuit des temps, mais étant personnellement un fan j’aurais aimé en savoir plus sur la personne, ses expériences marquantes (un peu comme Frank Ocean avait pu le faire dans son album Channel Orange)…

Un autre reproche: l’album manque quelques peu de rythme en général. Je pense que le sensuel Show Me Who You Are est un assez bon exemple dû à une production qui traîne un peu et un certain manque de pep’s du titre (sans pour autant être mauvais). Une sensation atténuée lorsque l’on entend le morceau qui suit Live In Me qui au contraire est rythmé et très intense. Un détail qui pourrait déranger (ou séduire d’ailleurs) les nouveaux auditeurs de ce talentueux chanteur, mais qui ne doit surtout pas les freiner au risque de passer à côté d’une perle.

Alors à la question « Est-ce que cette longue attente en valait le coup ? », je commencerais par répondre qu’on a pas vraiment attendu 5 ans étant donné qu’on a eu droit à l’opus Zulu Guru en 2012, sans compter les petits morceaux qu’il nous a dévoilé ici et là. Sinon, si on parle uniquement de qualité, ma réponse est oui ! Avec ce projet novateur, Jesse Boykins III nous fait une fois de plus preuve de son génie que ce soit par sa voix, une ambiance maîtrisée tout du long ainsi que diverses productions très bien choisies. Soit, l’album n’est pas parfait, mais l’amour transmis par le chanteur est tellement fort que la sensibilité se trouvant au plus profond de notre âme (fais pas le dur, on l’est tous un peu) sort au grand jour et nous fait apprécier un délicieux moment de bonne musique. Paix et amour les amis !

Starvelous

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