D’une pierre deux coups : Interview – chronique de JeanJass Goldman

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Dans le langage courant, on parle beaucoup de « rap français ». Mais il s’agit en fait d’un barbarisme. Est-il acceptable d’omettre nos voisins belges (sans oublier nos chers Suisses, les canadiens…)? On ne manque donc pas de raisons de vouloir démocratiser l’appellation « rap francophone ». Et une de plus vient de tomber en ce 3 Novembre, avec la sortie de l’EP de JeanJass, Goldman (dispo sur itunes et amazon). On vous propose une légère chronique du projet en entrée, et un échange téléphonique avec l’intéressé en plat de résistance, pour mieux comprendre ce que l’originaire de Charleroi a bien pu vouloir nous dire, à part n’importe quoi (en référence au titre « NPQ », pour les durs de la comprenette).

Chronique de L’EP Goldman :

Aujourd’hui, c’est le jour JJ. Après deux extraits clipés, « NPQ » et le très récent « mes jambes », boucles d’or frise l’apogée du chill avec la sortie de son projet. C’est l’histoire d’un belge ordinaire, mais différent. Dès le début, avec le morceau « Goldman », on sent que le Jean oscille entre l’Old School et l’expérimentale. Même ambivalence du côté des thèmes tantôt légers (« NPQ »), tantôt profonds (« Mes Jambes »). La profondeur, c’est peut-être ce qui caractérise le mieux le style du belge. Certains aiment « frapper » les instrumentales, lui préfère les épouser, à la manière d’un Akhenaton, même si la ressemblance entre les deux rappeurs n’est pas frappante à première vue. Autre dominante de l’ensemble, la finesse des paroles. Maniant les idiomes parfois avec idiotie volontaire, souvent avec brio, il nous offre sa vision de la vie mais aussi du rap (notamment sur l’ultime fragment, « un truc »). Techniquement très au point, les rimes sont au service d’un rap truffé de références. Le featuring avec Exodarap, « Viande grillée », est réussi bien que loin d’être inattendu. On regrette seulement de ne pas avoir entendu un JeanJass plus incisif, plus tranchant, mais pourquoi changer une équipe qui gagne ? On laisse la parole à l’intéressé, homme assez réfléchit pour nous éclairer sur sa musique.

Interview de JeanJass

Goldman, c’est juste pour la petite boutade ou tu es fan de Jean Jacques ?

Ça vient d’une rime d’un ancien morceau. Je cherchais un titre original, et j’ai vu que ça faisait rire autour de moi donc j’ai gardé ça. Il n’y a pas vraiment de rapport avec le chanteur français.

Au vu des titres sur la tracklist et du premier extrait, on s’imagine de l’egotrip des thèmes plutôt légers, mais truffés de jeux de mots et de références, on se trompe ?

La tracklist est un peu trompeuse. Vu comme ça, il y a un côté léger, qui existe puisque je considère que ma musique est aussi là pour divertir. Mais il y a un côté sérieux. On utilise des métaphores mais les thèmes ordinaires et les images (comme sur le titre « viande grillée »), ça cache des réflexions. J’apporte mon point de vue sur ce qui se passe en fait.

Sur NPQ, c’est toi qui fais la prod’, pareil pour les autres tracks ? Que penses tu des avantages / inconvénients d’être à la fois au micro et beatmaker ?

J’ai produit 6 morceaux. « Mes jambes » c’est eskondo, le beatmaker de mon Exodarap crew, et « pipo Inzaghi » c’est une production du Seize, avec qui j’ai sorti le projet Jean Seize. J’ai aussi fait appel à un bassiste un trompettiste et un guitariste. En plus, je me suis occupé d’enregistrer et de mixer mon EP. L’avantage, c’est que ça rend l’ensemble homogène. Après, quand tu cumules toutes ces casquettes, tu perds forcément un peu en objectivité, tu as moins de recul. Mais j’ai eu des coups de pouce de beaucoup de monde, notamment du Seize, qui m’apprend beaucoup sur le mix, ou encore de Sima (JCR, « à notre tour »).

J’ai compté trois quatre références footbalistiques dans ton taff récemment (ronaldo, inzaghi, roy keane). Tu joues au foot?

Je suis footeux depuis tout petit. Je joues surtout au futsal, c’est plus technique. En fait j’ai trois passions, le cinéma, la bouffe et le foot. J’essaye de transmettre tout ça dans ma musique, car je sais qu’il y a toujours un cinéphile, un footeux ou un fin gourmet dans le public.

Ton morceau préféré du projet ?

Je dirais « Pipo Inzaghi ». C’est l’exemple typique de ce que je sais faire.

Celui que tu aimes le moins ?

Je suis assez content de cet EP. Mais le morceau « un truc » c’est probablement le mieux écrit, celui ou je me livre le plus. Du coup il est assez spontané, et je ne suis donc pas sûr qu’il me plaira sur le long terme.

Trois adjectifs pour décrire ton EP ?

Je dirais aérien déjà, pour le côté flottant, atmosphérique. Ensuite, savoureux, sans prétention. Et enfin nocturne, pour le caractère un peu mystique.

On te verra quand à Paris ?

Je pense être la pour la release party de Lomepal. Il faut juste que la logistique se goupille bien.

Fin de l’échange, (salutations cordiales)

On finira sur une bonne note (une de plus). Dans le morceau « un truc », l’artiste soulève un point important : le hip-hop n’est réservé à personne. Pas besoin d’être gangster ou bad boy pour faire sa place dans ce rap game francophone (ni universel d’ailleurs). Cette musique appartenant aussi bien aux punchlineurs qu’aux poètes, bien qu’assez fédératrice et diversifiée, est parfois trop stigmatisée.

Un très grand peace

FunkyMonkeyy

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